Accueil / Commentaires utilisateur

Filtre
Afficher

  • L'invité du vendredi ! - Mercredi 13 Avril 2016 00:50
    Aujourd'hui je vous propose une histoire sortie de ma mémoire , une histoire de mon passé, des mots qui racontent, qui content des parfums de chez moi : de Boukhanfar à Thénia ces hauts lieux des de mes joies et peines décrits comme en un texte pictural qui peint souvenirs et sentiments mélés en une union qui a pour témoin une nature incomparable de chez moi!

    Le texte etant trop long, je le soumet si vous le voulez bien, en deux parties! merci de me lire !

    Mon entrée à l'ecole. partie une. -1-.

    Je suis né à Boukhanfar, il y a très très longtemps, une éternité me semble-t-il ! Pourtant ma vie défile aisément devant mes yeux comme en une suite d’images flashées dans la tête.
    Boukhanfar, c’est chez moi, un douar magnifique où j'ai grandi ! C’était mon havre de paix, mon paradis. Un lieu magique oùtout en lui émerveille et gonfle d’aise, matin et soir, nos poitrines tranquilles. L’air pur, la vue sur mer, la nature, la bonté des gens la verdure généreuse et jusqu’à nos jardins maraîchers, très nourriciers , nos arbres fruitiers qui se déclinaient en figuiers et figuiers de barbarie,pruniers, poiriers, pommiers,tout concourait à nous faire accroire que l’Eden était là, qui nous entourait en refuge douillet et protecteur où nous y vivions par comme en une chance inouïe offerte à des élus admis comme une faveur divine,en ce paradis extraordinaire!
    Nous évoluions dans la nature entourés de la grande famille Boutiche. Nos parcelles de terrain bien que délimitées n’étaient pas moins ouvertes à tous.On allait chez uns et les autres sans chichis. On déjeunait chez l’un, dînait chez l’autre.On était partout chez nous et nos mamans, nos sœurs sortaient de chez elles, habillées décemment certes mais sans plus. Et personne n’y voyait rien à dire !
    Elles vaquaient à leurs occupations quotidiennes .Elles allaient à l’eau, travaillaient dans leurs champs, gardaient leurs bêtes, allaient à la corvée de bois, allumaient le feu, faisait cuire les repas, s’occupaient de leurs enfants ! La lessive était faite à la main et les vêtements rincés au point d'eau Abroune notre source familiale dont les eaux claires et fraîches abreuvaient hommes et bêtes toute l’année.
    Nos mères, nos sœurs étaient constamment dehors et les présences masculines ne les dérangeaient pas ! Il n’y avait pas encore ce sentiment imbécile qui identifiait la femme à un objet qu’on désire comme une bête en rut, à une femelle qui doit cacher son corps à la vue de tous, pour ne pas susciter les regards, baveux, concupiscents d’une gente masculine à l’affût du moindre centimètre carré de peau découverte en maugréant devant l’indécence des moutabarridjates sans foi ,ni loi. Il n’y avait en ce temps là, aucun malentendu d’aucune sorte entre des personnes de sexes différents qui coexistaient harmonieusement ! Le respect régnait en chef et la femme était la sœur, la mère, la grand-mère de tous.
    J’évoluais dans ce doux paradis entouré de l’amour des miens et la guerre arriva un matin de novembre 1954.
    Fin de la premiere partie.A bientot.
  • guest - Mardi 12 Avril 2016 11:18
    Merci beaucoup mon cher ami. [reply=49403]invité[/reply] J'ai apprécié ton geste. Dans la page de garde, je n'oubierai pas de mentionner que le texte est de DB.
  • L'invité du vendredi ! - Lundi 11 Avril 2016 22:40
    Dommage collatéral.
    A la veille du déclenchement de la guerre de libération nationale, la majeur partie du peuple algérien habitait la campagne et vivait du travail de la terre. Tous faisaient un peu de cultures vivrières dans le petit lopin de terre qu’ils possédaient sur les hauteurs et offraient généralement leurs bras en tant qu’ouvriers saisonniers aux gros propriétaires dont les terres s’étendaient à perte de vue dans les riches plaines de la Mitidja. Pour améliorer l’ordinaire, ils arrivaient tant bien que mal à élever chèvres et volailles beaucoup plus pour les œufs et le lait que pour la viande qu’ils pouvaient en tirer occasionnellement. À cette époque là, nous habitions encore le douar Boukhanfar, sur les hauteurs de Thénia, dans une petite maison en terre que mon père avait bâtie de ses propres mains. Elle se dressait toute coquette au sommet de la colline et sa toiture de tuiles rouges (chose très rare en ce temps là) se voyait de loin et faisait la fierté de mon géniteur qui travaillait déjà depuis longtemps dans les chemins de fer .Nous vivions tous, petite famille et grand parents, de son salaire, modeste certes, mais qui tombait régulièrement à la fin du mois ce qui n’était certainement pas le cas pour tout le monde. Mes grand- parents et ma tante Lelloucha habitaient juste en face de nous dans une maison à l’identique et une vaste cour abritait nos jeux d’enfants désœuvrés et peu au fait des drames qui allait bientôt s’inviter à la porte de chez nous. Nous en avions pris conscience peu à peu en observant le manège et la mine grave de nos parents qui souvent parlaient à voix basses de certains sujets dans une atmosphère lourde et pesante. Et les rares mots que nos oreilles curieuses arrivaient à happer furtivement çà et là, nous étaient jusque là inconnus :El fellaga,el djebha , el moudjahidines, le FLN, l’ALN, el 3askar,el ichtirak, elguerra, el habs, Cayenne etc… Parfois la nuit, mon père sortait quand il entendait Boubi, notre chien aboyer furieusement. Alors nous entendions sa voix furieuse qui calmait l’animal suivit de chuchotements de voix inconnues qui se prolongeaient parfois tard dans la nuit. Et puis mon père revenait et se remettait au lit.
    Un soir, mon grand père arriva très agité à la maison. Il nous éloigna mes frères et moi, sous un prétexte quelconque et s’enferma chez lui avec mes parents. Le lendemain matin, mon père héla Boubi et partit tôt au travail et quand le soir, il revint sans le chien, nos questions insistantes ne trouvèrent qu’une vague réponse bourrue et sèche qui nous renvoya à nos puérils jeux d’enfants. Quelques jours plus tard, des aboiements familiers me firent accourir ventre à terre. C’était Boubi qui revenait tout seul chez lui. Ma mère l’accueillit le visage fermé,presque avec colère, l’attacha dans sa niche et lui donna à manger .Le lendemain matin de bonne heure, juste après le départ de mon père, ma grand mère appela sa fille Lelloucha. Elles firent rentrer le chien dans leur demeure .Elles passèrent une solide corde à la poutre principale de la toiture , firent un nœud coulant, y mirent la tete du chien .Ma tante quitta aussitôt la pièce et s’enfuit tout au bout du jardin, les deux mains collées à ses oreilles et ma grand mère pendit alors notre chien qui poussa un cri si fort qu’il réveilla tout le monde.je courus chez mes grand parents, ouvrai rapidement la porte et vit Boubi qui gémissait toujours, le corps entièrement secoués de spasmes frénétiques et ma grand mère dont les yeux privés de lumière depuis des années pleurait à chaudes larmes en marmonnant des mots sans suite. Je restais là, sur le seuil , la tête vide. J’étais perdu. Je ne comprenais pas pourquoi les mains de ma grand mère s’agrippaient à la corde qui maintenait le chien en l’air .Il me semblait que les adultes étaient tous devenus fous. « WA3LLAAAAAH ! »Mon cri strident fit accourir ma mère qui me fit sortir de la pièce, m’emmena chez nous, me prit dans ses bras et, spontanément, sans dire le moindre mot, se mit à pleurer à chaude larmes puis elle se ressaisit un moment et me consola comme elle put.
    Ce n’est que des années après , quand je fus un peu plus âgé , que mon père m’expliqua que le chien, mon chien et celui de tous les habitants du douar furent tués sur ordre « des frères » qui trouvaient que les aboiements signalaient leur présence à l’ennemi qui les attendait plus loin dans le noir et leur tendait des embuscades meurtrières. Il m’expliqua aussi qu’il avait essayé d’offrir Boubi, à des amis mais le chien s’enfuyait et revenait toujours chez nous. Il me dit aussi que seule sa maman eut le courage d’exécuter l’ordre donné par l’ALN peut être parce que, étant aveugle, elle pouvait pendre l’animal sans avoir à subir la vue douloureuse de ce chien qui gigotait au bout d’une corde et dont la vie tenace mit longtemps, très longtemps à déserter son corps meurtri.
    Beaucoup d’eau a passé depuis sous le" pont des soupirs ménervillois .", et le petit garçon de quatre ans que j’étais à l’époque a certes vieilli, et si la blessure s’est quelque peu refermée l’âge aidant, le traumatisme lui, n’a jamais disparu au point de ne pas avoir pu supporter chez moi, ma vie durant, la présence d’un autre chien .
    [b][b][/b][/b]
  • Un lecteur - Lundi 11 Avril 2016 21:58
    [reply=49397]L'invité du vendredi ![/reply] Ne prenez pas congé svp, continuez à faire ce que vous faites déja très bien, kee going my freind.
  • guest - Lundi 11 Avril 2016 18:10
    Bonsoir mon ami! moi aussi je suis heureux que le site de Thénia ce village si cher à mes yeux amorce sa mue et essaie de retrouver son lustre d'antan.J'ai invité nos anciens amis et tous les internautes qui illuminaient le site et auprès desquels j'ai beaucoup appris. Et si des amis très généreux et très indulgents trouvent quelques beautés dans ce que j’écris je le dois humblement à la voie royale qu'ils ont tracée par le passé.Pour en revenir au texte qui t’intéresse, le conte est achevé enfin pour la partie publiable sur Thénia.net et le texte est à ta disposition .Merci pour l'attention que tu prêtes à mes écrits .Porte toi bien!
  • AR - Lundi 11 Avril 2016 16:32
    ça fait plaisir de retourner à notre merveilleux site et de retrouver les anciens ménervillois, n'est-ce pas "L'invité du vendredi" alias D.B à la plume d'or. J'ai suivi tous tes posts et j'en suis ravi. J'aimerais, avec ta permission bien sûr, mettre sous forme de conte illustré ou de bande dessinée ton beau "conte de chez nous". J'attendrai qu'il soit fini et je t'appelerai au téléphone via Brahim.
  • B Ahmed - Lundi 11 Avril 2016 11:34
    [reply=49400]L'invité du vendredi ![/reply] Merci l'invité du vendredi ! Un trés bon conte !
  • L'invité du vendredi ! - Dimanche 10 Avril 2016 23:48
    Conte de chez nous . quatrième partie- 4 -.

    Les deux conjoints sortirent et leur pas pressé les conduisit vite au commissariat du quartier ! L’officier qui les reçut leur dit : « Venez, je vous expliquerai en cours de route ! Ho, rassurez vous, nous n’allons pas très loin. »
    Ils le suivirent sans dire un mot, entrèrent à l'hôpital puis le dos de l’officier qui les guidait depuis le début les mena devant une porte ! Tous les trois y entrèrent ! Dans la vaste pièce, il faisait un froid qui fit frissonner maman oiseau.Une obscurité totale y régnait et le néon vite allumé par un homme en blanc, découvrit une suite de tiroirs bien alignés, aux poignées métalliques chromées qui brillaient.Maman oiseau fixait ces petites lumières qui dansaient devant ses yeux comme pour exorciser un malheur annoncé.
    L’officier fit un signe de la tête et l’homme en blanc étendit son bras, sa main aux doigts vigoureux et velus se saisit de la poignée chromée qui cessa brusquement de briller ! Maman oiseau ferma fortement les yeux ! Un drap fut tiré presque au ralenti découvrant peu à peu un visage aux traits crispés !
    - Regarde bien cette tête là, tu la reconnais ?
    Le papa se pencha scruta longtemps le visage aminci du corps allongé et froid qui reposait sur une plaque de marbre blanc.Il reconnut tout de suite son aîné malgré la longue barbe broussailleuse et sale qui lui mangeait la figure.Il vit surtout sur sa tempe gauche, le trou béant au bord duquel a séché une traînée sanguinolente et noire.Ses yeux s’humidifièrent peu à peu et un flot de larmes inonda ses joues que la douleur crispait. Machinalement, il cherchait du regard de quoi nettoyer la plaie sur le visage de son petit quand une voix stridente s'éleva dans son dos : « oh mon dieu », suivi d’un cri terrible « ya yemmaaaaaaaaa » et puis un corps qui s’écrase brutalement sur le sol.
    - Alors, ce chien, c’est ton fils ? Le papa opina en silence.Et l’officier d’ajouter, c’est bon, on t’avisera pour l’enterrement. Allez signe ici et rentrez tous les deux chez vous.
    Une semaine plus tard, on fit dire à la famille que les papiers étaient prêts à être retirés auprès des administrations adéquates, qu’un permis d’inhumer leur était accordé et que le corps pouvait être enterré dans le cimetière du village.
    La cérémonie fut vite expédiée et les quelques voisins présents autour de la famille, se sentant bien étroits dans leurs baskets, se dispersèrent très rapidement, un peu comme si leur présence était beaucoup plus protocolaire qu’autre chose.Et le cimetière se vida en un instant, laissant un papa et ses deux fils, là, debout, fixant un monticule de terre sur lequel on a hâtivement jeté quelques branches d’épineux et ils restent là,les yeux humides et le regard hagard de ceux qui réalisent brutalement que la sinistre tragédie qui touchait leur contrée avait finalement fait, pour la première depuis le début " des événements", escale en leur demeure, eux qui avaient cru, toujours pensé, toujours espéré que leur famille serait à l’abri et que cela n’arriverait qu’aux autres.Rien qu'aux autres. Un peu comme une punition qu'eux n'avaient pas méritée .Pas du tout.
  • Administrateur - Dimanche 10 Avril 2016 23:16
    Le site n'est pas verrouillé et ne l'a jamais été sauf en période de maintenance ce qui est rare, il suffit de poster simplement votre commentaire en tant qu'invité avec un pseudo quelconque ou en tant qu'inscrit si vous le souhaitez. . . et vous validez c'est tout ce qu'il y a à faire.
    Je ne sais pas comment vous vous y prenez pour ne pas y arriver ? la plupart des derniers commentaires sont postés par des invités non inscrits.
    expliquez ce que vous n'arrivez pas à faire, je pourrais peut être vous aider.

    l'Administrateur
  • L'invité du vendredi ! - Dimanche 10 Avril 2016 18:22
    Ce site n'est pas verrouillé, Mr coucou.J'ai essayé de remplir un vide.Mais ma3lihch, je prends un congé de quelques jours, etfadhal et bon courage .